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05/05/2013

Michel Onfray

Michel Onfray fait parler de lui avec talent. Il est de temps en temps l'événement et l'entretient savamment. C'est très bien pour lui<. C'est très bien comme ça.

Je suis allé l'écouter au Palais de Justice de Bruxelles il y a un peu plus d'une semaine. Présenté par le directeur belge de Philosophie Magasine. Beau show assurément, suivi d'une séance de questions-réponses où les réponses étaient longues et charnues. Beaucoup de membres du public posaient, avec un certain dépit, des questions dans la direction d'une rémission pour la religion, et chaque fois, avec une détermination frappante, Michel Onfray répondait négativement avec la force d'un rouleau compresseur et d'un marteau pilon, ajoutant même à sa démonstration l'argument massue que "les soldats de l'armée allemande avaient sur leur écusson de ceinture 'Got mit uns' non seulement en 14-18, mais aussi en 40-45, CQFD: la religion a partie liée à toutes les horreurs du genre humain". Il faut éradiquer notre société de la religion et du sentiment religieux, il y a urgence. Il faut la supprimer de nos esprits comme on se prémunit contre un virus dangereux.

Ce discours n'a rien de fanatique, mais est-ce un chant du cygne d'un fanatisme anticlérical ancien? Je le pense. Je pense que l'esprit humain ne parviendra jamais à se passer de la pensée de ce qui le dépasse. Et Dieu incarne (par son fils Jésus Christ) ce dépassement qui nous rejoint pourtant. Formidable sourcce d'espérance.

Certes, l'église a régulièrement dans son histoire participé à, si pas fomenté, des égarements sanglants et, pour nous, impardonables, du genre humain. Elle mérite toutes les condamnations pour ces compromissions et ses désastres à répétition. Mais s'en passer est une chose qui me parait plus néfaste encore.

24/04/2013

Jean-Luc Marion et Lucien Jerphagnon


11/10/2012

Le rire du Christ

J'attends d'entendre le rire du Christ.

Son absence fait partie des choses qui ne nous ont pas été assez révélées. 

01/10/2012

Christian De Duve dans La Libre

Guy Duplat interroge Christian De Duve dans La Libre d'aujourd'hui.

Une chose me frappe quand j'écoute le Professeur De Duve: c'est son attitude révulsée par rapport à toute forme de croyance. Croire semble pour lui quelque chose d'inconcevable. Et pourtant, il parle d'espoir pour les générations futures. Peut-on parler d'espoir si on ne croit pas en l'homme ou en son créateur, c'est-à-dire si l'on n'admet pas que la part de mystère qui est cachée dans notre vie ne nous empêche pas de vivre en confiance cette vie qui nous est donnée?

Ce qui me fait résolument ne pas abandonner ma foi en Dieu, c'est que tous ses envoyés nous ont enseigné qu'il existe un sens à la vie, une direction, et que l'espoir qu'il suscite en nous est un espoir de rédemption.

Nous sommes tous, absolument tous, faillibles (même les plus sâges humains). Mais nos fautes ne sont pas des fatalités irrécupérables. Elles sont une marque dans le sable de notre chemin. Une marque sur un chemin qui nous mène à toujours plus d'humanité. Si nous le voulons.

Il n'est pas question de sciences, ici, il n'est pas question de certitudes acquises dans un processus critique rigoureux. Il est question d'une démarche non moins rigoureuse mais sans aucun outil conceptuel, avec simplement la prière comme viatique; d'une quête ou plus simplement d'un cheminement humble mais sans concession pour notre paresse naturelle.

22/09/2012

Augustin

"Factus eram ipse mihi magna quaestio"

"J'étais devenu une grande question pour moi-même"

St Augustin, Confessiones, XI, 1

Ce n'est pas Freud qui nous a invité à nous interroger sur nous-même pour perdre l'illusion que nous serions d'abord maître de nous-même. cette invitation est bien plus ancienne.

Abraham lui-même, lorsqu'il montait sur la montagne avec son fils, pour le sacrifier, ne savait ni ce qu'il faisait, ni qui était son dieu, ni qui il était lui-même.

Begijnhof-Isaac.jpgC'est celui-là même qui nous a donné la vie qui nous invite à ouvrir cette question comme on ouvre un cadeau. A nous de trouver, dans la louange que nous pouvons lui adresser d'abord, la force de chercher un chemin dans cette question, pour ne pas dire une réponse à cette question.

15/09/2012

Petite Mort - Jiri Kylian - Mozart, concerto pour piano

Comment le corps montre la vie, sans arrêt, avec toute l'attention, tout le soin que requiert le fragile art de vivre.

Je ne peux te souhaiter qu'une chose: vivre dans la beauté, traduire dans ta vie la beauté de la vie.

Alors tu sentiras que tu n'es pas seul, que tu n'es pas seule. Il y a avec toi celui ou celle qui aime la beauté et qui, te voyant, aime ta beauté et t'aime parce que tu communies à la beauté de la vie et que lui aussi, elle aussi, porte en lui, porte en elle, la beauté de la vie.

Je le vois lui, Dieu, portant la beauté et du coup je l'aime. Je le vois me la donnant et m'aimant quelle que soit la fragile portée de ma beauté, quelle que soit ma fidélité à la beauté de la vie.

L'amour est la beauté-même, la beauté incarnée, la beauté qui a pris corps et qui donne la vie à nouveau. Le nouveau est à notre portée. Le neuf est notre portée divine.

Dis-moi ce que tu veux, dis-le moi quand tu veux.

15/04/2012

Ampleur du pardon

J'allais dans ma paroisse ce vendredi saint entre 17 et 19h, il était annoncé qu'il y aurait temps de réconciliation.

Mais le curé s'était retiré, faute de monde.

La sacristine, qui me voit me dit reste ici, je vais l'appeler lui dire de venir.

Je lui dis laisse le tranquille, ce n'est pas grave. Elle insiste, je laisse faire. Je retourne m'asseoir dans le silence de l'église vide, en dehors de trois ou quatre personnes recueillies.

Le curé arrive.

Nous nous retirons dans l'espace anciennement réservé au baptistère. Nous nous entretenons. Le sacré est à peine présent entre nous, mais c'est bien ainsi. Le sacré est caché et rare. Il est précieux.

Je lui confie que j'aperçois peu de fautes dans ma petite histoire à faire pardonner. Je lui confie l'une ou l'autre de mes petites ladreries. Je lui dis surtout que Dieu qui voit tout m'entend bien et quoi que je dise Il me pardonnera. Je lui dis à quel point je suis certain que le chameau, le dromadaire, l'éléphant de péchés que je suis, passera par le chas de l'aiguille, non pas parce que je le veux, mais parce qu'Il veut que j'entre dans le royaume des cieux.

Après qu'il m'ait entendu, nous nous recueillions et il me dit va en paix, tes péchés te sont remis.

C'est ainsi sans doute: la résurrection est inconcevable pour notre esprit heureusement borné, et pourtant elle est la seule réalité de notre vie.

Rembrandt_Harmensz._van_Rijn_-_The_Return_of_the_Prodigal_Son.jpg

Cette peinture est toute entière le signe du pardon.

Le pardon et l'amour qui lui est consubstantiel forment ensemble le socle de toute société durable.

01/04/2012

Don Giovani - le refus du pardon: le monde d'aujourd'hui

IL est si difficile de croire qu'il soit possible de se faire pardonner.

Et pourtant, est-il possible de vivre sans pardon?

Non.

Un très bel exemple est donné par cette scène mémorable du Don Juan de Mozart:

(cliquer sur le petit rectangle en bas à droite de l'image pour avoir une image pluls grande et pouvoir lire les sous-titres)

Don Giovani a, par bravade, invité la statue du commandeur (père d'une de ses victimes qu'il a tué une nuit qu'ils 'était fait surprendre). La statue du commandeur vient chez lui.

"A cenar teco m'invitasti et son venuto" dit le commandeur à Don Giovani.

"Da mi la mano in pegno" ("donne moi la main en gage") lui demande ensuite le commandeur. Don Juan n'hésite pas un instant. Il donne sa main. Il est franc, c'est le moins qu'on puisse dire.

Le commandeur lui donne alors l'injonction "Penti ti!" ("Repens-toi!"). Don Juan répond "No". Trois fois la question lui est posée. Trois fois il répond négativement.

 Le pardon qui est toujours à portée de main.

C'est ça la vie! Accepter d'être pardonné, chercher le pardon par le sacrement de réconciliation et poursuivre sa vie, généreusement, c'est ça une vie accomplie.

Cela demande un bon sens de la responsabilité, un sentiment que nous vivons ensemble, et pas de façon isolée.

Cela demande une humble volonté de s'améliorer, tant que c'est possible pendant notre séjour sur cette terre.

C'est si agréable en fin de compte, pourquoi se le refuser?